C’est au mois de mars 1996 qu’un bureau est ouvert à Métabetchouan et qu'une première équipe composée de deux personnes est mise à contribution afin d’identifier les moyens devant permettre de rendre concret le concept Négawatts. Sous la supervision du conseil d’administration, l’approche du programme d’efficacité énergétique à base communautaire prend forme.
Cette approche est aussitôt testée à Métabetchouan avec le support financier de plusieurs partenaires (gouvernements provincial et fédéral, Hydro-Québec, CRCD, municipalité et autres). Le programme développé implique toutes les formes d’énergie (électricité, pétrole et bois), toutes les composantes de consommation (résidentielle, commerciale, industrielle, transport des particuliers et des marchandises) et toutes les mesures d’économies d’énergie disponibles, qu’elles soient de nature comportementale ou technologique.
On développe, entre autres, un outil informatique permettant la réalisation de bilans énergétiques multisecteurs et multiénergies. Ce logiciel intègre aussi bien les mesures de nature comportementale que technologique.
Le Programme d’efficacité énergétique à base communautaire de Métabetchouan se déroule en trois phases et s’échelonne sur six années :
Pendant la réalisation du projet de Métabetchouan, l’intérêt qu’il suscite est tel qu’on évalue la possibilité de faire de la municipalité un centre de démonstration en efficacité énergétique « La vitrine technologique de l’efficacité énergétique ». Une étude visant à évaluer la pertinence d’une telle initiative est commandée à une firme d’experts en stratégie marketing. Même si les résultats de l’étude sont positifs, le projet est mis de côté temporairement…
À la suite du succès obtenu à Métabetchouan, une question se pose. Le modèle d’intervention développé par Négawatts est-il reproductible à l’ensemble des municipalités du Québec?
Pour le savoir, l’organisme entreprend la réalisation d’un second projet à Ville de Laval. Cette fois on vise à faire la démonstration de l’applicabilité de l’approche en milieu plus densément urbanisé.
Encore une fois, plusieurs partenaires financent l’opération (L'Agence de l’efficacité énergétique, Hydro-Québec, Ville de Laval, RnCan). Les opérations sur le terrain commencent en 2000 et prennent fin en 2001. Encore une fois le projet connaît un succès indiscutable.
La façon de faire à Laval est la même qu’à Métabetchouan. On utilisera la même approche de mise en marché et les mêmes outils de support à la réalisation des bilans énergétiques en y apportant quelques améliorations. On travaille toujours avec l’ensemble des mesures disponibles, qu’elles soient de nature comportementale ou de nature technologique. Cependant, on se concentre cette fois-ci strictement sur le secteur résidentiel en incluant le transport des personnes.
L'Agence de l’efficacité énergétique (AEE) semble maintenant admettre l’approche et va même jusqu’à inviter le président de Négawatts à faire partie d’une mission d’échange à Paris afin de présenter l’approche communautaire comme un aspect novateur de développement de l’efficacité énergétique du Québec. Les représentants de l’Agence de l’efficacité et de la maîtrise de l’énergie de France (ADEME) sont à ce point intéressés par l’approche communautaire qu’ils offrent de financer une mission Négawatts en France. Des représentants de Négawatts se rendent en France à la fin de 2003 afin de faire connaître son programme d’efficacité énergétique à base communautaire. Les français sont impressionnés. On songe à donner suite en présentant la formule à plus large échelle.
Malheureusement, des modifications de la structure même de l’ADEME font en sorte que le réseau de contacts établit disparaît.
Durant la même période (2002-2004) la notoriété de Négawatts s’impose :
Dans la foulée des représentations devant la Régie de l’énergie, cette dernière, s’intéressant à l’approche communautaire, amène Hydro-Québec à admettre le potentiel de la formule et à analyser la possibilité d’en faire un programme national. Dans le but de donner suite, Hydro-Québec et Négawatts planifient et réalisent en 2004 un programme avec lequel on testera l’approche communautaire pour la livraison du Diagnostic résidentiel mieux consommer (DRMC) d’Hydro-Québec. Ce programme qui se réalise à Québec place en compétition l’approche communautaire de Négawatts (Beauport) et l’approche de mise en marché d’Hydro-Québec (Les Saules).
Dans le cadre de ce projet, on restreint le projet à la livraison du DRMC au strict secteur résidentiel avec chauffage électrique. Donc, sans le secteur commercial/industriel et sans le secteur du transport.
On délaisse l’outil informatique développé par Négawatts pour utiliser le logiciel d’Hydro-Québec. Comme le logiciel d’Hydro-Québec ne considère que peu de mesures de nature comportementale, on se concentre sur celles de nature technologique.
Le projet de Québec permet, pour la troisième fois, de faire la démonstration éloquente de l’efficacité de la formule communautaire dans la livraison de programmes d’économie d’énergie. En effet, le projet réalisé à Beauport obtient des résultats 2,5 fois supérieurs à celui de Les Saules.
À la suite du succès rencontré, Négawatts et Hydro-Québec conviennent de la pertinence de former un comité de travail dont le mandat consistera à préparer la mise en place d’un programme applicable à l’échelle du Québec. À l’issu de ce travail, Hydro-Québec lance un processus d’appel d’offres.
Depuis l’automne 2007, l’approche communautaire et régionale est déployée dans toutes les régions du Québec. Ce programme se poursuit jusqu’à la fin de 2010.
De façon sommaire, l’approche développée et expérimentée à plusieurs reprises par Négawatts consiste à :